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Trump, la guerre avec l’Iran et la révolte au Congrès américain

Le Capitole des États-Unis est le siège du Congrès. C'est là que se tiennent les séances du Sénat et de la Chambre des représentants. Source : Pixabay, photo : JamesDeMers

Berlin, RFA (Weltexpress). Donald Trump a un problème qui devrait l’inquiéter bien plus que la résistance de l’Iran, à savoir la résistance au sein du Congrès. Avec leur victoire lors du vote à la Chambre des représentants le 3 juin, les démocrates veulent mettre Trump au pas concernant sa guerre contre l’Iran.

Au bout des 100 premiers jours d’une guerre qu’un président américain a déclenchée sans l’accord du Congrès américain, ce dernier a la possibilité, dans le cadre de la « War Powers Resolution », de mettre fin à la guerre, à condition que les deux chambres du Congrès (la Chambre des représentants et le Sénat) votent à la majorité contre sa poursuite. Dans ce cas, le président est tenu de retirer toutes les troupes américaines des hostilités non autorisées dans un délai de 60 jours, avec une prolongation possible de 30 jours pour assurer un retrait en toute sécurité.

Le mercredi 3 juin, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté une résolution en ce sens par 215 voix contre 208, qui obligerait le président soit à mettre fin aux opérations militaires contre l’Iran, soit à obtenir l’autorisation expresse du Congrès. Quatre républicains ont voté aux côtés des démocrates – un événement remarquable au sein d’un parti qui s’est jusqu’à présent davantage comporté comme un « fan club de Trump » que comme une force politique indépendante, a noté l’agence de presse britannique Reuters.

La question cruciale est désormais la suivante : s’agit-il uniquement d’une mise en scène symbolique ou du début d’un véritable glissement de pouvoir ? La réponse se situe probablement quelque part entre les deux. En effet, la résolution devrait d’abord être approuvée par le Sénat. Certes, plusieurs sénateurs républicains ont déjà fait savoir qu’ils voyaient d’un œil sceptique la politique de Trump envers l’Iran. Mais une majorité n’est en aucun cas garantie. Et même si le Sénat donne son accord, Trump peut opposer son veto. Pour le passer outre, il faudrait toutefois une majorité des deux tiers dans les deux chambres du Congrès, ce qui est actuellement considéré comme pratiquement impossible, selon un article du New York Post. D’un point de vue juridique, Trump n’est donc en aucun cas mis aux fers.

Politiquement, en revanche, la situation est différente. La véritable importance du vote réside en effet dans le fait que, pour la première fois, une opposition, soutenue par des dissidents républicains, s’est manifestée au Congrès contre la guerre en Iran. Après des mois de hausse des prix de l’énergie, de lassitude croissante de la population face à la guerre et d’une politique de plus en plus chaotique au Proche-Orient, même les républicains fidèles se demandent si le président sait encore où se trouve la sortie de cette autoroute menant à une nouvelle grande guerre sans fin.

Pour la future politique de Trump envers l’Iran, cela doit avant tout signifier une chose : la prudence. C’est pourquoi Trump devrait à l’avenir miser nettement plus sur les négociations que sur de nouvelles escalades militaires ; non pas pour des raisons pacifistes – ce rôle, Trump ne l’a jamais joué que pour la forme –, mais parce qu’une guerre ouverte contre l’Iran aurait des conséquences de plus en plus toxiques sur le plan de la politique intérieure. Si, en outre, l’idée selon laquelle l’Iran dispose effectivement d’une capacité de dissuasion nucléaire venait à s’imposer, la pression sur la Maison Blanche ne ferait que s’accroître.

En d’autres termes : la probabilité d’une grande guerre terrestre américaine contre l’Iran diminue, que la capacité de dissuasion nucléaire de l’Iran soit feinte ou réelle. Cela augmente en même temps la probabilité d’un accord américano-iranien, qui ne plaira absolument pas aux complices israéliens de Trump dans cette guerre d’agression criminelle contre l’Iran.

Et c’est précisément là que réside le prochain problème de Trump. Selon des informations en provenance d’Israël, le vote à la Chambre des représentants américaine aurait été perçu comme un signal d’alarme. Le gouvernement israélien a fondé tout son calcul stratégique sur l’hypothèse que Washington non seulement vaincra l’Iran, mais sera aussi, en fin de compte, toujours prêt à exercer une pression militaire sur les restes démembrés de l’Iran espérés par Netanyahou.

Ces derniers mois, Netanyahou a répété comme un mantra que l’Iran ne devait jamais avoir la possibilité de reconstruire son programme nucléaire. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a récemment averti que toute reprise des activités nucléaires iraniennes déclencherait une réaction israélienne. Le message est clair : pour Israël, un compromis durable entre les États-Unis et Téhéran est inacceptable. C’est pourquoi les voix critiques à l’égard du revirement de Trump ces derniers jours se font de plus en plus entendre dans les médias israéliens. Les informations selon lesquelles Trump aurait vivement critiqué Netanyahou en interne et l’aurait qualifié de « crazy » (fou) ont suscité une réaction particulièrement irritée. Les commentateurs israéliens discutent désormais ouvertement de la question de savoir si Washington cherche à conclure une paix séparée avec l’Iran, tandis qu’Israël pourrait se retrouver seul face aux conséquences stratégiques. C’est ce qu’a rapporté Al Jazeera.

C’est là que réside le danger : un Israël livré à lui-même pourrait être tenté de prendre ses propres mesures militaires en recourant à des moyens non conventionnels.

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