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Marine Le Pen a présenté à Bruxelles ses projets visant à réduire les pouvoirs de la Commission européenne

Marion Le Pen. Photo : VOX España, date de la prise de vue : 2022

Berlin, Allemagne (Weltexpress). À la veille du dernier sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE à Bruxelles, la candidate à la présidence française a tenu une conférence de presse dans cette même ville afin de présenter ses idées sur la limitation des pouvoirs de l’UE et la récupération des marges de manœuvre nationales.

La conférence de presse de Marine Le Pen s’est tenue le 14 octobre 2026 à Bruxelles. Les détracteurs de l’UE y ont vu une sorte de contre-conférence au sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, qui se sont réunis le lendemain, également à Bruxelles, pour débattre du cadre financier septennal de l’Union européenne pour les années 2028 à 2034 ; sans succès, comme on le sait désormais.

Marine Le Pen est la figure de proue bien connue du parti le plus puissant de France, le « Rassemblement National (RN) », parti d’opposition dont le nom peut se traduire par « Rassemblement national ». Elle est également une candidate prometteuse pour remporter les élections présidentielles prévues le 18 avril 2027.

Dans ce contexte, il est remarquable que, en Allemagne, les grands « médias de qualité » autoproclamés aient largement ignoré la présence de Marine Le Pen à Bruxelles. En effet, lors de sa conférence de presse, Marine Le Pen a mis l’accent sur ses projets visant à limiter les pouvoirs de la Commission européenne et sur sa détermination à redonner à la France une marge de manœuvre nationale.

Un élément central de son discours a été l’exigence de ramener la Commission européenne au rôle d’un secrétariat au service des États membres. Marine Le Pen a décrit cela comme le cœur d’une « Europe des nations ». Dans ce modèle européen déjà affirmé par le général de Gaulle, les gouvernements nationaux devraient conserver la légitimité démocratique et le pouvoir de décision sur toutes les lois et mesures d’envergure nationale.

Au lieu de cela, les élites mondiales des gouvernements des pays de l’UE ont collaboré secrètement dans les coulisses de Bruxelles, de concert avec la Commission européenne et sous l’impulsion des 6 000 lobbyistes basés à Bruxelles , pour priver progressivement de plus en plus de parlements nationaux de leur pouvoir et céder leurs pouvoirs décisionnels à une Commission européenne aux méthodes autoritaires. Un exemple typique en est la mise hors jeu totale des parlements nationaux, d’abord sur les questions de commerce extérieur, puis en matière de politique commerciale extérieure, puis dans l’imposition de sanctions commerciales et financières, jusqu’à l’interdiction des importations de pétrole et de gaz russes. Pour toutes ces mesures, ni le Bundestag allemand, ni le Parlement français, ni aucune autre assemblée nationale des pays de l’UE n’ont eu leur mot à dire. Au lieu de cela, tout cela a été mené sur la base des dispositions vagues de l’article 29 du Traité sur l’Union européenne (TUE), qui stipulait :

« Le Conseil adopte des décisions définissant la position de l’Union sur une question donnée de nature géographique ou thématique. Les États membres veillent à ce que leurs politiques nationales soient conformes aux positions de l’Union. »

Or, le Conseil de l’UE est composé de représentants des gouvernements des différents États membres, c’est-à-dire de représentants de l’élite mondialiste de l’UE, qui, entre eux, derrière des portes closes à Bruxelles, concluent des pactes, agissent de concert et prennent des décisions contraignantes pour tous les pays de l’UE. En effet, tous les États membres de l’UE sont légalement tenus d’aligner leurs politiques nationales sur ces positions communes du Conseil.

Cet article est l’instrument central de la « Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) » de l’UE et sert notamment de base juridique aux sanctions de l’UE. Grâce à ces dispositions floues, la Commission européenne, de concert avec le Conseil de l’UE, s’est arrogé le pouvoir de décision non seulement en matière de commerce extérieur, mais aussi en matière de guerre et de paix, éliminant ainsi complètement l’influence des parlements nationaux sur ces décisions vitales.

Et puis il y a ce qu’on appelle le « Parlement européen » (PE). Celui-ci ne dispose même pas du droit élémentaire de tout parlement démocratique, à savoir celui de présenter et d’adopter lui-même des initiatives législatives. Cela semblait trop dangereux aux mondialistes de l’UE dès le départ, car cela aurait pu permettre à la volonté populaire de s’imposer. Non, le PE n’a le droit que de débattre et d’approuver les projets de loi (appelés « directives ») de la Commission européenne, ce pour quoi il est bien connu.

Le PE est une institution destinée à donner une apparence démocratique aux décisions du Conseil de l’UE et de la Commission européenne. Marine Le Pen et son parti, le RN, sont fermement déterminés à mettre fin à cette mascarade, ce qui est d’ailleurs l’objectif de l’AfD et de sa présidente Alice Weidel en Allemagne.

À Bruxelles, Mme Le Pen a notamment insisté pour que les institutions européennes reviennent à leur mission initiale, à savoir soutenir la coopération entre les États, sans pour autant étendre leurs propres compétences ni prendre de décisions par-dessus la tête des États membres pour ensuite les imposer à leurs populations. Elle a souligné que les institutions ne devaient exercer que les compétences expressément prévues et encadrées par les États. Tout ce qui sort de ces compétences doit cesser.

Dans ce contexte, Le Pen a cité plusieurs domaines politiques dans lesquels, selon elle, la Commission outrepasse les bases conventionnelles ou revendique des compétences qui ne lui reviennent pas. Parmi ceux-ci figuraient le « Green Deal » en tant que transition écologique de la politique économique, l’élargissement de l’Union et le soutien financier aux pays candidats à l’adhésion, l’aide financière à l’Ukraine, l’aide au développement ainsi que la diplomatie. Elle a également critiqué le projet de création d’un service de renseignement secret européen, arguant qu’il n’existait aucune base de compétence à cet effet dans les traités.

Par ailleurs, Marine Le Pen s’est prononcée en faveur de la suppression ou de la limitation de certaines instances, notamment le Comité économique et social européen et le Comité des régions. Dans les domaines de la santé, de la sécurité et de la diplomatie internationale, la Commission ne devrait plus non plus agir comme elle l’a fait jusqu’à présent.

Marine Le Pen a lié ces propositions institutionnelles à l’objectif de reconquérir davantage de souveraineté nationale pour la France. Elle a constaté qu’au cours des dix dernières années, une vision européenne s’était mise en place qui allait à l’encontre de ce qu’elle défendait. On avait voulu une Europe puissante et on avait obtenu une Europe impuissante. On avait aspiré à la souveraineté européenne et on avait obtenu à la place un affaiblissement de la souveraineté nationale.

Dans le même temps, elle a déclaré que la politique de la France sous sa présidence ne serait pas dirigée contre l’Europe. Son approche viserait à organiser la coopération de manière à ce que les intérêts nationaux et la souveraineté des États soient respectés. Elle a évoqué des partenariats qui devraient reposer sur la confiance et le respect des souverainetés, et a souligné le rôle politique particulier de la France en Europe, qu’elle souhaitait réactiver.

Sur le plan financier, Marine Le Pen a annoncé son intention de limiter la contribution nette de la France au budget de l’UE à cinq milliards d’euros par an au maximum. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan d’austérité visant à assainir les finances publiques françaises. Elle s’est opposée à ce que le cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034 soit adopté avant les prochaines élections en France ainsi que dans d’autres États membres tels que l’Espagne, l’Italie et la Pologne. Elle a qualifié une telle décision avant les élections de scandale démocratique et d’expression du mépris de la Commission à l’égard des processus démocratiques. Elle s’attend à ce que la mise en œuvre de ses propositions donne lieu à un bras de fer avec la Commission et d’autres chefs de gouvernement.

D’autres points concernent les frontières extérieures et l’élargissement. Mme Le Pen a déclaré vouloir mettre en place à l’avenir de véritables frontières extérieures européennes, qui renforceraient les frontières nationales. Dans le même temps, elle s’est prononcée contre tout élargissement de l’Union dans la situation actuelle, car celui-ci pourrait mettre en péril la cohésion déjà fragile et l’équilibre économique du marché intérieur. Elle a également plaidé en faveur d’une réduction de la bureaucratie européenne, des contrôles excessifs et des dépenses inutiles.

Les déclarations de Marine Le Pen lors de la conférence de presse à Bruxelles se sont ainsi concentrées sur une réorientation institutionnelle visant à ramener la Commission à un rôle de secrétariat de soutien et à ancrer davantage le pouvoir de décision au niveau des gouvernements nationaux. Les mesures concrètes comprennent les contributions financières, la suppression de certains domaines politiques ne relevant pas des compétences actuelles, le refus d’une décision budgétaire anticipée ainsi que le renforcement des marges de manœuvre nationales dans le cadre d’une « Europe des nations ».

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