Israël n’a pas hésité à recruter des criminels nazis qui avaient assassiné des Juifs dans les chambres à gaz pour lutter contre le monde arabe

Israël (drapeau). Source : Pixabay, photo : Aleks

Berlin, Allemagne (Weltexpress). Le nouvel État juif, qui se sentait encerclé par le monde arabe, n’a pas hésité à recruter dans ses rangs d’anciens nazis. L’historien israélien Danny Orbach, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, se penche sur ce chapitre sombre de l’histoire. Dans son nouveau livre « Fugitives : A History of Nazi Mercenaries During the Cold War » (actuellement en cours de traduction dans plusieurs dizaines de langues), il affirme qu’au moins quatre criminels de guerre ont été recrutés par le Mossad à des fins anti-arabes. Cette alliance mortelle, motivée par la realpolitik et l’argent, a transcendé les idéologies et les alliances politiques, mais a inévitablement abouti à ce qui a toujours été considéré comme tabou : la collaboration entre d’anciens nazis et l’État d’Israël, selon l’auteur, dont les propos ont été repris par le magazine communiste « Contropiano » sur son portail en ligne le 18 août. Orbach s’appuie sur une série de documents récemment déclassifiés par le Mossad et les archives allemandes et américaines. « Il s’agit de documents qui auraient été totalement inaccessibles il y a trente ou même vingt ans, et grâce auxquels j’ai pu découvrir l’histoire de réfugiés nazis qui ont joué un rôle surprenant dans le

conflit entre Israël et le monde arabe », explique Orbach. Ses recherches lui ont permis de confirmer le rôle d’au moins quatre membres du Troisième Reich qui ont activement collaboré avec les services secrets de Tel Aviv après la guerre. « Je n’exclus pas qu’il y en ait eu d’autres, mais pour l’instant, je ne dispose pas de preuves suffisantes pour le confirmer », ajoute-t-il. Le cas le plus connu et le plus controversé est celui de Walter Rauff, un homme qui était officier dans les services de sécurité de la SS pendant la guerre et qui a participé à la mise au point des camions à gaz mobiles dans lesquels des milliers de Juifs ont été tués. Il a ensuite été impliqué dans l’extermination des Juifs français. En 1945, il a échappé à un procès et s’est réfugié en Syrie, où il est entré au service du dictateur Husni Za’im, qui l’a chargé de créer une unité inspirée de la Gestapo pour exterminer les Juifs de Palestine. Mais ce plan n’est finalement resté que sur le papier. Quatre ans plus tard, après un changement de gouvernement à Damas, Rauff a été expulsé du pays et a tenté d’émigrer en Amérique du Sud. En chemin, il entra en contact avec les services secrets israéliens en Italie, auxquels il vendit des informations afin de se venger des Syriens. Il devint ensuite agent israélien en Égypte. Lorsque ses activités nazies furent découvertes en Israël, il s’enfuit au Chili, où le Mossad tenta de l’éliminer en 1980, mais échoua. Quatre ans plus tard, Rauff mourut d’un cancer. Même si sa collaboration a été brève et éphémère, elle montre « qu’immédiatement après la guerre, Israël n’avait aucun scrupule à recruter d’anciens nazis », selon Orbach, qui révèle que la liste des recrues du Mossad comprenait également Otto Skorzeny, l’ancien SS-Standartenführer qui avait libéré Mussolini de sa cachette dans le Gran Sasso en septembre 1943. À l’origine, le Mossad voulait le liquider en 1960 lors d’une vaste opération de recherche, mais il est ensuite arrivé à la conclusion qu’il leur serait beaucoup plus utile vivant et a décidé de le recruter. Avraham Ahituv, qui deviendra plus tard directeur des services secrets Shin Bet, a rencontré Skorzeny dans un hôtel à Madrid et l’a engagé pour saboter les programmes de missiles égyptiens. L’ancien officier nazi ne voulait pas d’argent, mais demandait que son nom soit retiré de la liste des criminels recherchés établie par Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de nazis. Selon un rapport interne du Mossad cité dans le livre d’Orbach, sa demande a toutefois été rejetée. La collaboration s’est néanmoins poursuivie et a duré longtemps, jusqu’à la mort de Skorzeny d’un cancer en Espagne en 1975.

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